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Ci dessous un reportage sur le musée et son conservateur, réalisé par Stéphanie Koch de La Libre Belgique

PETITS MUSÉES, GRANDES PASSIONS (4)

La passion des armes et des petits soldats...
PAR STÉPHANIE KOCH
Mis en ligne le 12/07/2001
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Le musée des Francs Arquebusiers et la Compagnie font revivre la mémoire de la ville


Marc Poelmans
Photo Jean-Claude Dessart

RENCONTRE

A Visé, il est de ces traditions que des citoyens entretiennent avec ferveur comme cette fierté et cet attachement conservés aux arquebusiers qui montaient la garde et protégeaient la ville déjà au XVe siècle.

Plus que vivaces au sein de la Compagnie Royale des Francs Arquebusiers Visétois, qui fut fondée en 1579, le sentiment et la volonté de garder cette mémoire mobilisent à l'heure actuelle une centaine de membres passionnés.

M. Poelmans, commandant de la garde des mousquetaires de la compagnie et conservateur du musée de cette compagnie, fait partie de ces militants pour le maintien de la reconnaissance de cette milice communale mise sous la protection bienveillante de saint Martin de Tours et qui adopta la devise «Vox Populi, Vox Dei».

Comme l'explique minutieusement M. Poelmans: «Cette branche remonte au début du XX e siècle lors d'une scission intestine qui scinda en deux la société des arquebusiers. On peut dire qu'aujourd'hui la rivalité du début du siècle passé qui s'est transformée en une rivalité qui bien sûr se maintient mais qui, comme toute concurrence, provoque une émulation qui ne peut pas faire de tort. Mais toujours maintenant, quand le cortège de l'autre compagnie défile on se contente de se saluer».

MUSÉE D'UNE MÉMOIRE POPULAIRE

Le petit musée des Francs Arquebusiers situé en plein centre de Visé et qui ne comporte pourtant qu'une seule salle - suite aux nombreuses pertes irréversibles de témoignages subies durant les bombardements de l'armée allemande en 1940-45, peut tenir en haleine très longtemps le visiteur sous le rythme soutenu des nombreuses anecdotes et indications historiques divulguées par ce conservateur passionné. Il n'hésite pas à faire palper, soupeser, admirer de près, même de très près, les armes anciennes qui peuplent son musée.

Arrivé il y a plus de dix ans à ce poste qui lui convient parfaitement et qu'il prend un grand plaisir à assumer tant par les visites guidées que l'entretien des objets rares, Marc Poelmans, autodidacte enthousiaste, prêta serment à la compagnie dès l'âge de huit ans, suivant les traces de son père et de son oncle. Selon lui c'est une passion pour l'histoire, le folklore, les armes, les uniformes qui l'a mené là et comme il l'avoue: «C'est aussi encore peut-être l'envie de continuer à jouer aux petits soldats, je crois. Mais attention, ce n'est pas du tout de la rigolade, c'est quelque chose de très sérieux qui véhicule certaines valeurs».

Nombreuses sont les choses que l'on peut découvrir au travers d'une visite du musée et d'une conversation avec son conservateur qui a déjà remporté trois fois le collier d'or qui récompense le meilleur tireur de l'année, souvenir qui, paraît-il, procure une immense fierté.

Deux grandes dates marquent le calendrier des festivités de la gilde (le 1er juillet et le 11 novembre) donnant ainsi l'occasion aux habitants de Visé de voir défiler le cortège et, comme le dit Marc Poelmans: «Le cortège c'est très important pour nous et d'ailleurs c'est jusqu'à la dernière année de sa vie!»

© La Libre Belgique 2001 

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Savoir plus
Le fusil Comblain de 1871



Parmi les quelques pièces rares du musée, deux beaux exemplaires du fusil Comblain. Datant de 1871, du nom du célèbre armurier inventeur né dans la province de Liège en 1813, et ayant appartenu à l'un des anciens membres de la compagnie, font la fierté du conservateur. Ces deux exemplaires du type Comblain II, illustrent ce modèle créé et passé sous contrôles rigoureux dès 1869 par le directeur de la maison Lambin et Compagnie. D'une résistance à toute épreuve, ni l'immersion dans de l'eau salée et acidulée, ni les projections de sable dans le mécanisme ouvert ne parviendront à l'enrayer. Tout le mécanisme est enfermé dans une solide boîte en fer sans aspérité, la boîte de culasse est vissée au canon et la monture en deux pièces est caractérisée par sa simplicité et sa robustesse. Son fonctionnement est d'une très grande simplicité et d'une grande puissance. Cette arme à un coup tint longtemps le haut du pavé, mais fut détrônée lors de l'invention des fusils à répétition. Elle fut utilisée par l'armée belge jusqu'en 1910.

© M Poelmans