home
dernière mise à
jour du site:28/01/08
La fabrication d'un moule de
fonderie
Pour faire un moule de fonderie
pour couler dans le sable, pas besoin d'être vraiment malin,
c'est à la portée de beaucoup d'entre vous
Je n'ai jamais été artiste et suis très loin de me considérer
comme tel, je suis juste un peu bricoleur.
La fabrication d'un moule de fonderie n'est pas compliquée et
des tas de gens talentueux bien plus doués que moi en font tous
les jours.
N'importe qui avec un peu d'attention ferait pareil et même bien
mieux.
Les plaques des Francs
Arquebusiers devaient être réalisées dans une empreinte en
sable à la Fonderie Charlier de Herstal
Cette fonderie travaille à l'ancienne, ou plutôt travaillait
puisqu'elle ferma ses portes en 2005-2006, c'est là que fut
réalisé entre autres le monument à Eddy Merckx.
Le principe est assez simple; la pièce à réaliser est
fabriquée dans n'importe quelle matière, bois, plastique,
polystyrène, terre à modeler, plâtre, et son empreinte est
imprimée dans du sable.
Le sable est fortement tassé au marteau autour du modèle puis
celui-ci est simplement ôté en laissant son empreinte.
Il faut donc veiller à travailler "en dépouille"
c'est à dire que la pièce se retire sans arracher de sable, il
ne faut donc aucun espace rentrant.
En cas de contre-dépouille, on arrache tout, ou on travaille
avec un moule en plusieurs parties.
Le moule de sable est ensuite enduit d'une poudre plus fine qui
permettra de meilleurs détails, la seconde partie est
réalisée, on obtient une coquille en sable dans laquelle on a
laissé une cheminée pour couler le métal (bronze, étain,
laiton, aluminium,...)
Les divers moules sont rassemblés pour faire une coulée unique
comme on le voit plus bas sur les images. Après celle-ci, les
moules à usage unique sont cassés et le sable remélangé et
réutilisé.
La difficulté réside donc dans le fait qu'il faut donner au
sujet suffisamment de profondeur et de détail, sans toutefois
pouvoir se permettre de creux.
http://www.museedubronze.com pour
connaître comment on fait le bronze
La Charité de St Martin
Une première
expérience fut réalisée en 1997 avec le bronze représentant
une Charité de saint Martin qui se trouve à l'angle de
l'Alliance, et ce dans le cadre du 1600e anniversaire de la mort
de notre saint patron.
Cette réalisation suppléa celle d'un bas-relief en pierre à la
Collégiale dont l'avancement était resté au stade de projet et
fut exécutée plus tard lors du 420e anniversaire de la
compagnie en 1999.
N'étant pas très bon dessinateur, c'est mon pc qui à l'époque
me permit de dessiner le cheval sur lequel je réalisai le St
Martin
Le dessin fut reproduit sur une
plaque de plâtre de quelques centimètres que j'avais coulée,
pratique le plâtre, quand on casse un morceau, on en remet.
Ensuite je n'eus plus qu'à suivre les traits avec une simple
gouge et en imaginant ce qu'était un cheval et un cavalier en
reculant et en regardant la pièce.
Il fallait bien entendu éviter toute contre-dépouille.
Le résultat était de facture assez naïve mais pas trop mal pour une première, ne m'étant jamais auparavant essayé à cette technique
Avant de le présenter au comité,
j'eus la malencontreuse idée de le peindre avec une horrible
couleur rougeâtre pour le faire ressembler à du bronze, ce qui
lui donna un cachet affreux, je me demande encore comment ils ont
accepté le projet
La fonderie demandait 275 euros
pour réaliser la pièce qui fait quand même près de 35 kg, je
prenais en charge les frais de finition qui en coûtèrent autant
en matériel.
Une fois fondue, elle fut limée,
brossée, polie, et retravaillée à la fraise afin de lui donner
du relief.
Des fixations avaient été coulées dans la masse et trois tiges
filetées venaient les compléter.
Enfin avec l'aide d'Alain Woolf, lourde de ses 35 kilogs, elle
fut ancrée dans la façade.
Sur le dessus, dans un soucis
purement historique, une mention reprend la date, le nom des
auteurs sculpteur et fondeur et l'occasion pour laquelle elle fut
mise (1600e anniversaire de la mort de St Martin)
Mention qui me valut une prise de bec avec le président de
l'époque qui la trouvait incongrue.
Cette mention invisible, est frappée sur le bord supérieur du
bronze et destinée à rappeler l'origine de cette pièce.
Comme je suis têtu, cette prise de bec me fit rester dans la
salle au moment l'inauguration officielle, et je n'en fut tiré
que par ma soeur qui insista pour que j'y assiste.
Le glaive de St Martin a été
retravaillé en contre dépouille pour plus de relief ainsi que
le contour du visage et du casque
Le bronze est signé dans la masse en bas à gauche.
Il est régulièrement astiqué pour garder de la brillance au
sujet en laissant le fond se patiner
Charité de St Martin en bronze
cliquez sur les images pour agrandir
Pour la plaque du 425e anniversaire, ce fut une autre histoire
Le projet initial était une
simple plaque en laiton gravée à la machine, avec juste un
court texte, sans aucun dessin et qui coûtait à peu près 225
euros.
Je trouvais cela un peu court pour une si belle occasion et ai
présenté autre chose.
Au départ un premier projet reprenait un St Martin au centre
encadré de deux arquebusiers et la mention "Je jure
Fidélité éternelle au Drapeau de St Martin" , suivi de
Cie Rle des francs Arquebusiers et la date.
En dessous on retrouvait les noms des officiers généraux et des
chefs de corps.
Alain Woolf trouvait déplaisant de voir son nom au cimetière
avant d'y être enterré, et ce premier projet passa aux
oubliettes, il était par ailleurs nettement moins beau.
J'ai donc dessiné un second projet et, argument massue, j'ai
annoncé que s'il était retenu, j'en assurerais le financement
Je ne sais pas qui du projet ou son coût a emporté la mise,
mais le comité me fit confiance.
Il existait une version avec la mention précédente, mais ce fut
la version actuelle avec "De nos Aïeux remémorons la
Gloire" qui fut préférée, elle est aussi un hommage à
tous les combattants.
Les pièces réalisées font chacune 11 kilos de bronze et
revenaient en fonderie à 250 euros pièce, l'ami Charlier étant
assez conciliant.
Lors de la rédaction du journal du 425e, j'en profitai pour
"taper" les Editions Adrem qui m'octroyèrent près de
200 euros qui étaient bienvenus.
La plaque de base est en matière plastique, et bonheur, je n'eus
pas à la faire puisque à la Maison de la Lettre à Liège, où
j'allais chercher mon lettrage en relief, le patron me l'offrit,
il n'en avait pas besoin, un travail en moins. Je dus remplir le
fond car elle était en quatre niveaux alors que trois m'étaient
nécessaires: le bord plus épais, le centre et entre les deux
une gouttière plus fine
Il me restait à réaliser les différents emblèmes avec un peu
d'imagination et du matériel qui pour une bonne part se trouvait
à la maison
Comme on le voit, je ne me suis pas trop cassé la tête
pour tout fabriquer...
Juste un peu d'imagination et près de 200 heures de travail
agréable surtout pour la finition qui fut assez ardue. C'est
très agréable de voir quelque chose se créer, de voir qu'on
avance et qu'à chaque étape, c'est de mieux en mieux.
Plusieurs endroits de la première plaque présentaient des
traces de scorie de coulée, vraisemblablement dues à trop de
verre dans le bronze (le verre est mélangé au bronze en fusion
pour le rendre plus fluide)
En plus le bord intérieur de la plaque était très fin et fut
fendu à deux reprises en haut et ressoudé m'empêchant de
patiner la plaque à la flamme et aussi d'obtenir sur les bords
un poli miroir que je dus abandonner.
Les blasons furent ensuite peints à l'huile, mais en dessous de
la couleur, la symbolique héraldique est présente, ce qui
permettra de remettre tout en couleurs quand je ne serai plus là
pour le faire
Cette première plaque est signée dans le moule , la signature
près de l'arquebusier a été fondue avec le reste. Elle est
dans la fine gouttière en bas à gauche, cette gouttière trop
fine fut en partie rebouchée pour permettre une meilleur
répartition du métal lors de la coulée de la seconde plaque.
Elle porte le sceau du Maître-fondeur Charlier entre les pieds
de l'arquebusier.
Ce sceau ne se retrouve pas sur l'autre ni sur le St Martin ici
plus haut parce que Monsieur Charlier avait prêté son sceau
lors de leur fabrication.
Sur la plaque de la façade de l'Alliance, la signature est apposée près de l'arquebusier, mais elle est gravée à la main au burin.
La seconde
plaque de novembre 2004 fut une simple deuxième pièce
venant du même moule, lequel avait été retravaillé
pour que la partie la plus fine soit un peu plus épaisse
et cause moins de problème. Les blasons ont tous été retravaillés au burin et sont polis à l'abrasif 150 à 600 puis de 0 à 0000. Les faces qui resortent sont refrottées au polish régulièrement en prenant soin de laisser le fond se patiner, ainsi les blasons finiront par apparaître en clair sur fond noir |
|
La signature est gravée et non plus coulée dans la masse, et la plaque est aussi signée et dédicacée au dos: "A mon père Marcel Poelmans dont j'ai suivi les pas. A mes fils Florent et Corentin pour qu'il fassent de même. Vivent les Francs " signature |
![]() |
Si la plaque à une valeur en
poids de bronze de quelques euros, la valeur des pièces finies a
été estimée par un professeur de gravure à plus de 2250
euros, cette somme représentant simplement les dizaines d'heures
de travail de l'ensemble.
La valeur de ces trois bronzes est pour moi bien plus symbolique
puisque grâce à ceux, je resterai dans l'histoire de la
compagnie même quand j'aurai disparu et j'espère que
mes descendants seront fiers de dire que c'est leur aïeul qui
l'a fait.
Ci-dessous la préparation, cliquez simplement sur l'image pour
l'agrandir
Les b lasons ont été peints à
la peinture à l'huile. Malheureusement l'oxydatiuon du bronze
décolore le blanc qu'il faut repeindre régulièrement. Elle est
repolie et éventuellement repeinte à chaque fête pour
rehausser le texte, la patine naturelle va noircir le fond
La plaque a été fixée par des vis fixées à l'arrière et est
aussi collée dans un bloc de calcaire viséen du plus d'une demi
tonne offert par Serge Thys. La base en béton a été ralisée
par les ouvriers communaux, mais j'ai du la rehausser d'une
dizaine de centimètres pour y placer la pierre. ce sont aussi
les ouvriers communaux qui ont réalisé le dallage.
Un mât de drapeau, offert par Alex Woolf, est fixé à
l'arrière, et lors de l'inauguration c'est mon drapeau personnel
qui entourait le monument.
Quand Monsieur Bellem a coupé le ruban qui le retenait c'est
avec une certaine fierté que le l'ai levé en haut du mât
Un crainte: le vandalisme

Commentaire personnel: pas mal mais peut mieux
faire
la prochaine est déjà en
projet
©Marc Poelmans