 Novembre
1830,

Las de la domination des hollandais, le
peuple belge s'est révolté jusqu'à obtenir
l'Indépendance
de la Belgique
qui fut proclamée le 4 octobre 1830.
Alors que les premières notes de La Brabançonne s'écrivent, des
combats éclatent surtout dans les grandes villes du pays
et spécialement à Bruxelles en septembre pour chasser
les soldats de Guillaume I.
Le 20
novembre 1830, parti la veille de Liège à la tête de
la Compagnie Franche des Tirailleurs Liégeois et
Maestrichtois, le Capitaine Ferdinand
Demany, débarque à Visé où comme partout
ailleurs existe une Garde Urbaine, créée le 30 août,
sous le commandement du bourgmestre.
Celui-ci n'est autre que le Baron de Ryckel,
nommé à ce poste depuis le 28 octobre,
qui est aussi président des Anciens Arquebusiers,
lesquels avec plusieurs autres visétois, ne se feront
pas prier pour prêter main forte aux hommes d'armes pour
aller "casser du hollandais"

Le matin à 7 heures 30, la compagnie de Demany se
rassemble.
Demany est un jeune homme, plein de fougue, téméraire
et dont on n'a à se plaindre que de son impétuosité à
foncer au combat.
Ils sont 96 volontaires auxquels viendront s'ajouter une
cinquantaine de visétois.
Des volontaires venus de toute la Basse-Meuse les ont
rejoints, ils sont à peu près 300 au total.
Arrive alors le receveur des contributions d'Eysden qui
s'est sauvé avec sa caisse devant l'avance d'un corps de
troupes hollandaises qui se trouvaient à 5 heures à
Gronsveld.
A la demande de Demany, de Ryckel fait sonner le tocsin
pour convoquer les visétois rassemblés et entrainés
depuis deux mois au sein de la Garde Urbaine.
Ils décident d'envoyer des hommes prévenir les
habitants des villages voisins, ce qui pris un certain
temps et de rassembler des volontaires de ces villages
qui doivent rejoindre Demany qui fait route vers Mouland
pour attaquer les hollandais, les déloger de leur
position et entrer dans Gronsveld distant de 10 km de
Visé, à midi.
Un bataillon d'infanterie et de cuirassiers
hollandais est à la Maison Blanche à Berneau tenant la
voie de Visé à Maestricht, leur cavalerie tient la
plaine de Navagne sur la rive sur la rive droite de la
Berwinne, appuyée par deux canons.
L'ennemi, à peu près deux cents soldats commandés par
le major Syben, tient ainsi toute la zone sur la rive
droite de la Berwinne, mais les officiers n'avaient
certainement pas pris les précautions nécessaires pour
éviter une attaque surprise à laquelle ils ne
s'attendaient pas.
Des sentinelles avaient été placées sur la rive gauche
et des éclaireurs envoyés en patrouille.
Les volontaires les mieux armés furent disposés en
tirailleurs face à la cavalerie.
Les autres volontaires furent placés en position en haut
du village de Mouland sur la rive gauche de la Berwinne,
face à l'infanterie hollandaise qui se trouvait devant
la Maison Blanche.
Une vingtaine de volontaires, conduits par deux guides
sûrs, furent chargés de prendre les deux pièces de
canon dont la position semblait bien risquée.
Ils auraient réussi, alors qu'ils avaient déjà passé
la Berwinne sans être vus de l'ennemi quand tout d'un
coup, celui-ci sonna le rappel des troupes depuis la
Maison Blanche.
Rassemblés en peu de temps, les hollandais pris sous le
feu des volontaires reprirent la route de Maestricht.
La faible garnison venue de Maestricht, dont la place
forte était toujours aux mains des hollandais, n'opposa
guère de résistance et sans insister les soldats d'une
armée démotivée se dépêchèrent de retourner chez
eux.
Nous sommes deux mois après les combats de Bruxelles et
l'ennemi n'oppose plus guère de résistance.
Dans son récit, Demany ne fait pas mention
des mots "combat de Navagne",
ni sur la position qu'il donna aux troupes de visétois
dans son dispositif., mais on peut raisonnablement penser
qu'ils furent de ceux qui étaient disposés en
tirailleurs face à la cavalerie, car Demany souligne que
les arquebusiers étaient armés de carabines.
Cela n'a rien d'étonnant, la carabine, arme rayée mais
d'un chargement plus complexe, était utilisée pour le
tir de précision comme le faisaient les membres de la
compagnie, alors que les troupes armées étaient
généralement munies de fusils à canon lisse.
Et l'on sait aussi par un rapport du Baron de Ryckel
d'août 1830 envoyé au gouverneur de la Province de
Liège, que tous les membres de la Garde Urbaine de Visé
possédaient leur propre arme et qu'il était dès lors
inutile d'en envoyer de supplémentaires de Liège, mais
il reçut une dotation de 20.000 cartouches qui ont plus
que vraisemblablement servi à l'entrainement de la Garde
Urbaine qui n'était pas composée uniquement
d'arquebusiers comme certains auteurs semblent le laisser
entendre; en ces temps de troubles, nombreux furent ceux
qui se joignirent à la troupe de Visé levée dès le
début de l'insurrection.
Il est absolument faut de dire que seuls les arquebusiers
se sont joints aux volontaires, le tocsin n'aurait-il
sonné que pour eux ?
Et si Demany en parle, alors qu'il ne les connaissait
pas, c'est simplement parce que de Ryckel lui a signalé
qu'ils avaient répondu présents, comme beaucoup
d'autres.
En outre, Demany a très certainement gardé à ses
côtés des hommes aguerris, aptes à commander et à
faire un coup de force en cas de nécessité.
Cette escarmouche, resta dans le souvenir des visétois
sous le nom de "Combat de Navagne",
lequel loin d'être véritablement glorieux fut sans
rapport avec les combats sanglants qui eurent lieu
ailleurs dans le pays.
Si certains auteurs se sont laissés emporter par leur
enthousiasme dans une relation des faits tout à la
gloire de certains visétois; il faut retenir qu'aucune
médaille ne vint récompenser les combattants et aucun
drapeau d'honneur ne fut octroyé à la Ville.
Sans douter nullement ni du courage ni des sentiments
patriotiques qui animaient les combattants, il y a fort
à parier que les blessures les plus douloureuses furent
certainement les "gueules de bois" du lendemain
de cette échauffourée dont l'heureuse issue fut fêtée
pendant longtemps à grand renfort de pecket...
Ce bref combat est relaté dans une épreuve
journalistique corrigée de la main même du Capitaine
Demany qui se trouve au musée des Francs Arquebusiers
Demany qui avait participé à de nombreux combats et fut
largement décoré, terminera sa carrière comme
commissaire de police à Liège.
Vers la
carrière de Ferdinand Demany
Un chant de la compagnie fut écrit par le
Président Delgotalle en souvenir des combattants de 1830

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En 1837,

Le Roy du tir est François Delgotalle qui
deviendra président en 1850
Il sera l'auteur de nombreuses compositions:
"Hommage d'Estime et d'Attachement à la compagnie
des Arquebusiers" (11-11-1852)
fondateur de l'Harmonie saint Martin en 1853 à laquelle
il fit don d'un tuba, de deux cymbales et d'une grosse
caisse.
Parmi les fondateurs de l'harmonie on retrouve aussi
Joseph Leers, Dodémont, Lambert Théodore, Jean
Boulanger, etc...
Il offrit aussi avec Joseph Paulus des coussins et des
tapis pour garnir l'église.
En 1854 il écrit le "Chant du Drapeau" en
l'honneur de celui que le professeur Kuppferslager avait
donné en 1850 et la musique fut composée par le
professeur Thierry du conservatoire de Liège.
Il remis aussi, à la tête du comité, un gage de
loyalisme aux princes héritiers le Prince Léopold et la
Princesse Marie-Henriette en visite au château
d'Argenteau où l'harmonie St Martin donna un concert.
En 1845
la prestation de serment est la suivante:
"Je
jure Fidélité éternelle au drapeau de saint Martin,
patron de Visé,
soumission et obéissance aux statuts de la compagnie des
arquebusiers,
respect aux officiers,
fraternité et dévouement à tous les confrères.
Vive saint Martin.
Vivent les Arquebusiers."
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Le
29 juillet 1874

la
gilde adoptait le fusil Comblain,

une arme remarquable d'un armurier de Cheratte,
en usage d'abord dans la Garde Civique et à
l'Armée belge qui la conservera jusqu'en 1910.
C'est un fusil à culasse tombante.
Sous l'action d'un pontet levier, la culasse
descend, laissant apparaître l'arrière du canon
où il suffit d'introduire la cartouche puis de
remonter le levier.
L'arme est musie d'un percuteur à chien visible
sur les premiers types et d'un percuteur
encastré sur les seconds.
D'abord en bronze phosphoreux, la culasse fut
transformée en acier afin de permettre aux
armuriers régionaux de la fabriquer puisqu'ils
maîtrisaient mieux cette technique.
L'arme est remarquable et fut détrônée par les
armes à répétition mais si Comblain avait
imaginé un système de rechargement automatique,
son arme aurait été équivalente à la
célèbre Henry-Winchester.
Elle fut soumlise à tous les test possible et au
banc d'épreuve le canon bourré jusquà la
gueule éclata, on en vissa un nouveau et l'arme
fonctionna sans problème, la culasse de Comblain
était intacte.
Ajoutons qu'il
est assez facile à démonter pour en faire un
entretien sommaire,il suffit de démonter les deux
vis de la culasse pour enlever le mécanisme
Il était aussi muni d'une baionette de type yatagan
fondateurs du tir Comblain:
François Delgotalle
Nicolas Thonon
Clément Scaff
B. Demarteau
Charles de Marbais, dont le fusil à culasse de
bronze est au musée des Francs Arquebusiers, image
ci-dessous


Le Tir Communal de Liège |
C'était
un souhait du Roi Léopold II de voir les
compagnies s'entraîner avec une arme de
guerre utilisée par la Garde Civique,
ce qui permettait ainsi d'avoir une Garde
Civique supplétive.
0n rejoignait ainsi le principe du Tir
National et les centres de Tir Communal que
l'on retrouvait dans le grandes villes tant
en Belgique qu'ailleurs et qui permettait
d'avoir une population entraînée en cas de
guerre.
Un projet de fédération nationale fut même
mis sur pieds et c'est à cette époque que
se créa la Section de Tir des arquebusiers
dont chaque membre dut acheter son arme.
La Garde Civique, dont on se moqua souvent,
participa aux combats quand le pays avait
besoin d'elle.
Composée de civils qui rejoignaient les
rangs en cas de nécessité, comme les gides,
et malgré parfois leurs airs de soldats
d'opérette, ses membres furent pourtant
nombreux à se battre.
Leurs derniers combats furent ceux de 1914
pour s'opposer à l'avance allemande, époque
où la Garde Civique fut désarmée et ses
membres démobilisés à leur grand dam.
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Cliquez
ici ou sur l'image pour accéder à un excellent site sur
le Comblain
où
vous y retrouverez un Comblain du Musée des FAV
![mécanisme du fusil Comblain à culasse tombante]() 
On voit
sur la photo ci-dessus le fantassin porter un
Comblain qui restera utilisé par l'armée
belge jusqu'en 1910
Ce fantassin de l'Armée belge en tenue de
service est armé du mousqueton Comblain
et porte un uniforme assez similaire à celui
porté par notre Corps d'Escorte de saint
Martin et par le Corps des Tambours.
Tous les uniformes actuels des Francs
Arquebusiers sont en effet des répliques
exactes de ceux de l'Armée belge d'autrefois


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En 1895,
Le nouveau Capitaine Commandant est Joseph
Cerfontaine
qui succède ainsi à son père et à son oncle.
Il restera commandant des Francs Arquebusiers jusqu'à
son décès en 1920.
Les relations avec les Arbalétriers
restaient toujours tendues, une rivalité certaine
opposant les deux gildes,
qui s'en tenaient toutefois à des pamphlets et chansons.
Si d'un côté les Arbalétriers écrivaient "Tirans
à l' årbalète"
Delgotalle leur répond en composant " Li vîle
ustèye" sur l'air de la marche des Chasseurs
Chasteler de la Garde Civique.
En
1897,
la compagnie inaugure dans la collégiale un
vitrail représentant son saint Patron.
Vitrail offert par une souscription auprès de tous les
membres et créé par Nicolas de Rurmonde
A la fin du 19e siècle, plusieurs accidents
ont lieu lors du tir au fusil Comblain,
Dieudonné Protin un marqueur, est touché d'une balle
puis c'est Monsieur Laloup Gathoye qui passait sur la
route de mouland près de la ferme Tossens qui fut
atteint par une balle perdue
Le comblain est une arme de guerre avec laquelle un
tireur maladroit pouvait expédier une balle perdue très
loin,
il fut décidé d'adopter la carabine Flobert, cartouche
aussi dénommée Bosquette

On trouve la Flobert en 6 et 9mm, c'est une
percussioon annulaire
Ce type de cartouche aussi appelé balle de tir de salon
est beaucoup moins dangereux est toujours en usage
aujourd'hui
(calibre 6 mm, pas de charge de poudre propulsive mais
uniquement la force de l'amorce: Flobert ou 22 Lang Z)

Une carabine à cartouches Flobert et une ancienne
publicité à une époque où la croix gammée n'était
pas encore un insigne politique
 
La cartouche Flobert qu'on connait
aussi sous le nom de bosquette est une cartouche sans
poudre,
Seule l'amorce est présente, la percussion de l'amorce
et le dégagement de gaz que l'explosion produit permet
un tir jusqu'à 20 mètres maximum, au-delà la balle n'a
plus de force et tombe.
La 22longZ, avec laquelle on tire généralement en
juillet, est similaire
à la différence que la douille plus longue est plus
facile à manipuler. La longueur de la douille qui
diminue la force de l'explosion, est compensée par
quelques grains de poudre.
Il était aussi d'usage de tirer les campes.
Les campes que l'on rencontre encore de temps en temps,
sont des sortes de petits canons posés au sol, la bouche
en l'air, remplis de poudre et reliés entre-eux par une
trainée de poudre,
une fois la mise à feu effectuée, les tirs déclenchent
une pétarade dont le bruit va croissant selon le calibre
de la campe...
qui parfois fait éclater les carreaux.
Les campes remplaçaient les anciennes salves d'honneur
tirées lors des fêtes,
tradition qui s'est toutefois perpétuée chez les Francs
Arquebusiers
De1897 à 1902, la compagnie participe aussi
à Liège au cortège à Saint Walburge en hommage aux
héros de 1830, on n'en trouve plus trace plus tard
jusqu'en 1905 et 2005 lors des cortèges patriotiques à
Bruxelles
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